L'essentiel
La déclaration 2035 est la liasse fiscale annuelle des professions libérales en BNC (bénéfices non commerciaux). Elle comprend le formulaire principal et les annexes A (recettes-dépenses) et B (immobilisations et amortissements). Le résultat détermine l'impôt sur le revenu et l'assiette des cotisations sociales. Date limite : généralement mi-mai pour la télétransmission. Les erreurs les plus fréquentes : omission de réintégrations (CSG non déductible, part privée du véhicule), confusion entre charges et immobilisations, et oubli du relevé SNIR.
Cadre réglementaire
- Code général des impôtsArt. 93 — Détermination du bénéfice BNC
Le bénéfice imposable est l'excédent des recettes encaissées sur les dépenses payées, nécessitées par l'exercice de la profession.
Consulter le texte - Code général des impôtsArt. 97 — Obligations déclaratives BNC
Les contribuables soumis au régime de la déclaration contrôlée doivent souscrire une déclaration spéciale (2035) indiquant le résultat et les éléments de calcul.
Consulter le texte - Livre des procédures fiscalesArt. L.102 B — Conservation des documents comptables
Les livres, registres, documents et pièces justificatives doivent être conservés pendant 6 ans à compter de la dernière opération.
Consulter le texte - Bulletin officiel des finances publiquesBOI-BNC-DECLA-10 — Obligations déclaratives BNC
Doctrine administrative sur le contenu, les délais et les modalités de la déclaration 2035.
Consulter le texte
Obligations concrètes
Comprendre la structure de la 2035
La liasse 2035 se compose de : la déclaration principale (résultat fiscal), l'annexe 2035-A (détail des recettes et dépenses par catégorie : honoraires, rétrocessions, achats, loyers, personnel, cotisations sociales, etc.), l'annexe 2035-B (immobilisations et amortissements), et l'annexe 2035-E (contribution économique territoriale — CVAE).Respecter les délais de dépôt
La 2035 est à télétransmettre (EDI ou via un expert-comptable) avant mi-mai de l'année N+1 (date exacte variable, généralement le 2ᵉ ou 3ᵉ jeudi de mai). Le résultat est reporté sur la déclaration de revenus personnelle (2042-C-PRO). Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % (art. 1728 CGI), portée à 40 % si mise en demeure restée sans effet.Ventiler correctement les recettes
Honoraires conventionnés (SNIR), honoraires non conventionnés, rétrocessions reçues, gains divers (remises laboratoires, ventes de matériel). Le relevé SNIR (fourni par la CPAM) doit correspondre aux recettes déclarées — un écart significatif déclenche quasi-systématiquement une demande d'explication.Classer les dépenses sans erreur
Erreurs fréquentes : inscrire un achat > 500 € HT en charge au lieu de l'amortir, oublier de réintégrer la part non déductible de la CSG (2,40 % + CRDS 0,50 %), déduire la totalité du véhicule en usage mixte sans prorata, omettre les cotisations Madelin dans les plafonds légaux.Remplir l'annexe B (immobilisations et amortissements)
Chaque immobilisation (matériel > 500 € HT) est inscrite avec sa date d'acquisition, sa valeur, sa durée d'amortissement (fauteuil 8-10 ans, autoclave 5-7 ans, informatique 3-5 ans) et la dotation annuelle. En cas de cession ou de mise au rebut, la plus-value ou moins-value est calculée et reportée sur la 2035.Vérifier la cohérence avec le relevé SNIR
Le relevé SNIR (Système National Inter-Régimes) liste tous les actes remboursés par l'Assurance maladie. L'administration compare systématiquement le SNIR avec les recettes déclarées. Un écart provient généralement : d'honoraires perçus non remboursés (prothèse, implantologie, esthétique), de rétrocessions, ou d'une erreur de comptabilisation. Documentez l'écart.Adhérer à une AGA (association de gestion agréée)
Sans AGA, le bénéfice déclaré est majoré de 1,1 (coefficient résiduel depuis 2023, en voie de suppression). L'AGA effectue un contrôle de cohérence de la 2035 avant envoi, ce qui réduit le risque d'erreur. Coût : 200-400 €/an, intégralement déductible. Adhésion dans les 5 premiers mois de l'exercice pour un nouvel adhérent.
Sanctions en cas de manquement
- Majoration pour dépôt tardif— 10 % du montant de l'impôt dû (40 % après mise en demeure)
Base légale : Art. 1728 du CGI
- Majoration pour insuffisance de déclaration— 10 % (bonne foi) à 40 % (manquement délibéré) ou 80 % (manœuvres frauduleuses)
Base légale : Art. 1729 du CGI
- Intérêts de retard— 0,20 % par mois de retard sur l'impôt éludé
Base légale : Art. 1727 du CGI
Déclaration 2035 du dentiste — 9 contrôles avant envoi
- Recettes vérifiées et cohérentes avec le relevé SNIR
- Honoraires non conventionnés correctement comptabilisés
- Charges > 500 € HT inscrites en immobilisations (pas en charges)
- CSG non déductible (2,40 %) et CRDS (0,50 %) réintégrées
- Part personnelle du véhicule et du local exclue
- Cotisations Madelin dans les plafonds de l'art. 154 bis CGI
- Amortissements correctement calculés (durées et dotations)
- Adhésion AGA en cours de validité
- Justificatifs conservés 6 ans (10 ans pour les amortissements)
Questions fréquentes
Quelle est la date limite de la 2035 en 2026 ?
Généralement mi-mai (2ᵉ ou 3ᵉ jeudi de mai) pour la télétransmission EDI. La date exacte est publiée par la DGFiP en début d'année. Les adhérents d'une AGA bénéficient parfois d'un délai supplémentaire de 15 jours. Vérifiez sur impots.gouv.fr ou auprès de votre expert-comptable.
Faut-il un expert-comptable pour la 2035 ?
Ce n'est pas obligatoire, mais vivement recommandé. La 2035 est un document technique et les erreurs coûtent cher (majorations 10-40 %). Un expert-comptable spécialisé BNC santé coûte 1 500-3 000 €/an, intégralement déductible. L'AGA ne remplace pas l'expert-comptable : elle contrôle la cohérence mais ne tient pas la comptabilité.
Comment expliquer un écart avec le SNIR ?
Annexez un tableau de rapprochement : SNIR + honoraires non remboursés (prothèses non prises en charge, esthétique, implants) + rétrocessions = recettes 2035. L'administration fiscale attend ce rapprochement. Un écart inexpliqué déclenche souvent un contrôle de cohérence ou une demande de justificatifs.
Le micro-BNC dispense-t-il de la 2035 ?
Oui. En micro-BNC (recettes < 77 700 € en 2026), vous déclarez uniquement les recettes brutes sur la 2042-C-PRO ; l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 %. Pas de 2035, pas de comptabilité détaillée. Mais le micro est rarement avantageux pour un cabinet installé (charges réelles souvent > 34 %).
Sources et textes de référence
Vérifié manuellement le .
- [1]Article 93 du CGI — Détermination du bénéfice BNC — Légifrance
- [2]Article 97 du CGI — Obligations déclaratives BNC — Légifrance
- [3]Article L.102 B du LPF — Conservation des documents — Légifrance
- [4]BOI-BNC-DECLA-10 — Obligations déclaratives BNC (BOFIP) — Other
Guides liés
Pilotez la conformité de votre cabinet dentaire
Dentanorme regroupe inventaire, DPC et préparation des audits ARS dans un seul outil pour les cabinets dentaires libéraux français.
Découvrir Dentanorme