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Site internet d'un cabinet dentaire : obligations légales

Mentions légales, RGPD, cookies, décret 2020-1658, CNIL, Ordre : les obligations légales d'un site internet de cabinet dentaire.

L'essentiel

Un site internet de cabinet dentaire est soumis à trois corps de règles : la LCEN (mentions légales obligatoires), le RGPD et la directive ePrivacy (cookies, politique de confidentialité, droits des personnes), et le décret 2020-1658 du 22 décembre 2020 qui encadre la communication professionnelle des chirurgiens-dentistes. Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions CNIL, ordinales et civiles.

Cadre réglementaire

  • Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN)Art. 6 III — Mentions légales des sites internet

    Tout éditeur de site professionnel doit afficher : identité, adresse, téléphone, email, nom de l'hébergeur. Pour une profession réglementée : titre professionnel, État de délivrance, Ordre d'inscription.

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  • Règlement général sur la protection des données (RGPD)Art. 13 et 14 — Information des personnes

    L'éditeur du site doit informer les visiteurs des traitements de données personnelles : formulaire de contact, prise de rendez-vous, analytique. Politique de confidentialité accessible et à jour.

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  • Décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020Communication des professions de santé

    Autorise la communication en ligne des chirurgiens-dentistes (compétences, parcours, conditions d'exercice) à condition qu'elle soit loyale, honnête, sans comparaison avec les confrères et sans incitation à un recours inutile aux soins.

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  • CNIL — Recommandation cookies et traceursDélibération n° 2020-091 du 17 septembre 2020

    Le dépôt de cookies non essentiels nécessite un consentement libre, éclairé et spécifique de l'internaute, recueilli via un bandeau conforme. Refuser doit être aussi simple qu'accepter.

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Obligations concrètes

  1. Afficher les mentions légales complètes

    Nom du praticien (ou dénomination de la SEL), adresse du cabinet, numéro RPPS, qualification (chirurgien-dentiste), État de délivrance du diplôme, Conseil départemental de l'Ordre d'inscription, numéro de téléphone, email, nom et adresse de l'hébergeur du site. Ces mentions sont accessibles depuis un lien permanent sur toutes les pages.
  2. Rédiger et publier une politique de confidentialité RGPD

    Informer les visiteurs : identité du responsable de traitement, finalités (formulaire de contact, prise de RDV en ligne, statistiques de fréquentation), base légale (consentement ou intérêt légitime), durée de conservation, destinataires, droits des personnes (accès, rectification, effacement, portabilité), coordonnées du DPO le cas échéant, droit de réclamation auprès de la CNIL.
  3. Mettre en place un bandeau cookies conforme

    Avant tout dépôt de cookies non essentiels (Google Analytics, Facebook Pixel, publicité), recueillir le consentement explicite via un bandeau offrant des boutons « Accepter » et « Refuser » de même visibilité. Les cookies strictement nécessaires (session, sécurité) ne requièrent pas de consentement. Documenter les cookies déposés et leur durée de vie.
  4. Respecter le décret 2020-1658 sur le contenu

    Le site peut informer sur les compétences, le parcours de formation, les techniques pratiquées, les conditions d'accueil et d'accessibilité. Il ne peut pas comparer le praticien à ses confrères, solliciter des témoignages de patients à des fins promotionnelles, afficher des tarifs à caractère publicitaire, ni inciter à des soins non nécessaires.
  5. Éviter les photos avant/après sans consentement RGPD strict

    Si le site affiche des cas cliniques (photos avant/après), un consentement écrit spécifique du patient est nécessaire (RGPD art. 9 — données de santé). Les photos doivent être anonymisées (pas de visage identifiable sauf consentement explicite). L'Ordre recommande la plus grande prudence sur ce type de contenu.
  6. Sécuriser le site en HTTPS

    Le protocole HTTPS (certificat SSL/TLS) est obligatoire dès que le site collecte des données personnelles (formulaire de contact, prise de rendez-vous). Un site en HTTP est signalé comme « non sécurisé » par les navigateurs et expose à des interceptions de données. Les certificats Let's Encrypt sont gratuits.
  7. Assurer l'accessibilité et les mises à jour

    La loi du 11 février 2005 impose l'accessibilité numérique aux services de communication en ligne. En pratique, visez au minimum un bon contraste, des textes alternatifs sur les images, une navigation au clavier. Mettez à jour les informations (horaires, équipe, tarifs conventionnels) pour éviter toute information trompeuse.

Sanctions en cas de manquement

  • Amende CNIL — manquement RGPDjusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du CA mondial

    Base légale : Art. 83 RGPD

  • Amende LCEN — absence de mentions légalesjusqu'à 75 000 euros (personne physique) / 375 000 euros (personne morale)

    Base légale : Art. 6 VI-2 LCEN

  • Sanction ordinale — communication non conformeavertissement, blâme, interdiction temporaire d'exercer

    Base légale : Art. R.4127-215 CSP + décret 2020-1658

Site internet cabinet dentaire — 9 contrôles de conformité

  • Mentions légales complètes (RPPS, Ordre, hébergeur) accessibles
  • Politique de confidentialité RGPD publiée et à jour
  • Bandeau cookies avec boutons Accepter/Refuser de même visibilité
  • Consentement cookies recueilli avant dépôt de traceurs non essentiels
  • Contenu conforme au décret 2020-1658 (pas de comparaison, pas d'incitation)
  • Photos avant/après : consentement écrit du patient archivé
  • HTTPS activé sur l'ensemble du site
  • Coordonnées et horaires à jour
  • Lien vers la page de l'Ordre (vérifiable par les patients)
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Questions fréquentes

Un chirurgien-dentiste peut-il afficher ses tarifs sur son site internet ?

Oui, de manière informative et non publicitaire. Le praticien peut indiquer le coût des actes hors nomenclature (prothèses, implants, orthodontie) dans un esprit de transparence. En revanche, les offres promotionnelles (« -20 % sur le blanchiment ») sont interdites : elles relèvent de la publicité commerciale, prohibée par le Code de déontologie.

Faut-il un DPO (délégué à la protection des données) pour un cabinet dentaire ?

La désignation d'un DPO n'est obligatoire que si le cabinet traite des données de santé à grande échelle (art. 37 RGPD). En pratique, un cabinet individuel ou un petit cabinet de groupe n'entre pas dans cette catégorie. Désigner un DPO reste néanmoins une bonne pratique, surtout si le cabinet gère un fichier patient important.

Google Analytics est-il compatible avec le RGPD ?

Google Analytics 4 avec l'option de consentement activée peut être conforme, à condition de recueillir le consentement préalable via un bandeau cookies et de ne pas transférer de données vers les États-Unis sans garanties adéquates. Des alternatives européennes comme Matomo (auto-hébergé) ou Plausible offrent une conformité simplifiée.

L'Ordre peut-il demander la fermeture d'un site non conforme ?

L'Ordre ne peut pas directement fermer un site internet. Il peut en revanche engager une procédure disciplinaire contre le praticien dont le site viole les règles de communication professionnelle. Les sanctions vont de l'avertissement à l'interdiction temporaire d'exercer. L'Ordre peut aussi saisir la CNIL si le site présente des manquements graves en matière de protection des données.

Sources et textes de référence

Vérifié manuellement le .

  1. [1]Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN) — Article 6 Légifrance
  2. [2]Règlement (UE) 2016/679 — RGPD Eur-Lex
  3. [3]Décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 — Communication des professions de santé Légifrance
  4. [4]Cookies et traceurs — Recommandation CNIL (2020) CNIL

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