L'essentiel
Une extraction difficile (dent fracturée sous gencive, racine résiduelle, ankylose, dent incluse hors dents de sagesse) nécessite une approche chirurgicale : imagerie pré-opératoire complète, anesthésie locale renforcée, lambeau muco-périosté si nécessaire, ostéotomie ou séparation des racines, suture, suites surveillées. Information claire du patient, consentement écrit, traçabilité des matériels.
Cadre réglementaire
- Code de la santé publiqueArt. R.4127-204 — Sécurité des soins
Le chirurgien-dentiste exerce dans des conditions garantissant la sécurité du patient. Pour les actes invasifs, asepsie et compétence requises.
Consulter le texte - Code de la santé publiqueArt. L.1111-2 et L.1111-4 — Information et consentement
Information loyale et claire et consentement libre et éclairé indispensables avant tout acte invasif.
Consulter le texte - Recommandations HASAntibioprophylaxie en odontologie
Indications restreintes de l'antibioprophylaxie : patient à haut risque d'endocardite, immunodéprimé, intervention complexe sur terrain à risque.
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Obligations concrètes
Pré-opératoire — évaluation
Examen clinique : mobilité, position, anatomie environnante, état parodontal. Imagerie : rétro-alvéolaire systématique, panoramique, CBCT si proximité nerveuse / sinusienne. Anamnèse complète : antécédents, anticoagulants / antiagrégants, terrain, allergies. Évaluer les difficultés prévisibles.Information et consentement
Information écrite : indication, alternatives (endodontie + couronne pour préserver, ré-évaluation), risques (alvéolite, infection, hémorragie, lésion nerveuse, fracture, communication bucco-sinusienne, retard de cicatrisation). Consentement signé. Plan de traitement post-extraction (prothèse, implant) à discuter.Anesthésie adaptée
Anesthésie locale par infiltration et / ou tronculaire selon zone. Articaïne 4 % + adrénaline 1/100 000 ou 1/200 000 (selon contexte cardio). Test de l'anesthésie. Durée et profondeur évaluées. Anesthésie de complément si insuffisante avant l'incision.Asepsie chirurgicale
Préparation cutanée patient (désinfection péri-buccale, bain de bouche antiseptique). Champ stérile. Tenue stérile (blouse, gants, masque, lunettes / visière, calot). Instrumentation stérile. Aspiration dédiée. Eau d'irrigation (sérum physiologique stérile pour ostéotomie).Technique opératoire
Lambeau muco-périosté si exposition d'os nécessaire (incision intra-sulculaire + décharge). Élévation atraumatique des tissus. Si racines résiduelles : ostéotomie limitée (fraise neuve, irrigation continue) ou syndesmotomie. Séparation radiculaire pour molaires multi-radiculées. Avulsion en respectant l'os. Curetage alvéolaire pour éliminer kystes, granulomes.Gestion peropératoire des complications
Communication bucco-sinusienne : suture étanche, antibioprophylaxie, mouchage interdit, contrôle 7-15 j. Hémorragie : compression, suture hémostatique, agent local (Surgicel, Spongostan). Fracture mandibulaire : stop, immobilisation, transfert maxillo-facial. Tracer toute complication.Suture et hémostase
Suture par fil résorbable (Vicryl 3/0 ou 4/0) ou non résorbable selon préférence. Points en X ou simples. Vérification hémostase avant départ patient. Compression au gaze 30 min. Pas de bain de bouche les premières 24 h.Suites — consignes et suivi
Consignes écrites : antalgique (paracétamol +/- AINS), glace 20 min / 1 h les 1ères heures, alimentation tiède molle, hygiène douce, no smoking, no alcool. Téléphone d'urgence. RDV de contrôle 7-15 j. Antibiotique en post-op uniquement si indication HAS (pas systématique). Tracer au dossier.
Extraction difficile — 9 contrôles
- Imagerie pré-opératoire au dossier
- Anamnèse complète (anticoagulants, terrain)
- Information écrite + consentement signé
- Anesthésie efficace testée
- Asepsie chirurgicale stricte
- Lambeau / ostéotomie / suture maîtrisés
- Hémostase vérifiée avant départ
- Consignes post-op écrites remises
- RDV de contrôle 7-15 j programmé
Questions fréquentes
Une extraction difficile relève-t-elle de l'omnipraticien ou du spécialiste ?
Selon la difficulté et l'expérience. Cas simples (racine résiduelle, dent fracturée accessible) : omnipraticien formé. Cas complexes (proximité nerveuse, anatomie défavorable, patient à haut risque) : référer à un confrère stomato / chirurgien maxillo-facial. La compétence relative à un acte est jugée a posteriori — privilégier le référencement quand le risque dépasse l'expertise.
Antibioprophylaxie systématique ?
Non — recommandation HAS (oct. 2024). Antibioprophylaxie indiquée pour : patients à haut risque d'endocardite (cardiopathie à risque), immunodéprimés, intervention sur tissus mous infectés, ostéotomie importante. Hors indications : pas d'antibiotique. Antibiothérapie post-op selon contexte clinique (signes d'infection patente).
Patient sous AVK / AOD : extraction possible au cabinet ?
Oui pour la plupart des extractions simples sans interruption (bonne pratique SFCO / HAS). Mesures : INR < 3 pour AVK (vérifié 24 h avant), pas d'arrêt AOD pour acte simple, hémostase locale renforcée (suture, agent local). Cas complexes (extractions multiples, terrain à risque) : avis cardiologique et / ou hospitalier.
Communication bucco-sinusienne — gestion ?
Détectée : compression, suture étanche immédiate, antibioprophylaxie (amoxicilline 7-10 j), prescription corticostéroïde courte cure +/-, mouchage interdit, alimentation molle. Contrôle 48 h, 7 j, 15 j. Si persistance > 3 semaines : avis ORL / maxillo-facial pour cure chirurgicale. Tracer entièrement (matériovigilance non, mais RCP info).
Sources et textes de référence
Vérifié manuellement le .
- [1]Article R.4127-204 du CSP — Sécurité — Légifrance
- [2]Article L.1111-2 du CSP — Information — Légifrance
- [3]Antibioprophylaxie odontologique — HAS — HAS
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