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Péri-implantite : diagnostic et traitement pas à pas

Sondage, saignement, perte osseuse, classification : diagnostic et traitement de la péri-implantite en cabinet dentaire, du débridement non chirurgical à la chirurgie.

L'essentiel

La péri-implantite est une pathologie inflammatoire progressive entraînant la perte osseuse autour d'un implant. Le diagnostic repose sur le sondage péri-implantaire (profondeur ≥ 6 mm, saignement/suppuration) et la radiographie (perte osseuse > 3 mm par rapport au niveau initial). Le traitement suit une séquence : débridement non chirurgical, réévaluation, puis chirurgie d'accès ± décontamination de surface si les poches persistent. La maintenance à vie est indispensable.

Cadre réglementaire

  • Code de la santé publiqueArt. L.5212-3 — Matériovigilance

    Les complications implantaires graves (perte d'implant, fracture) doivent être signalées à l'ANSM au titre de la matériovigilance.

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  • Recommandations EFP 2023S3 Guideline — Traitement des péri-implantites

    La Fédération européenne de parodontologie publie les recommandations de grade S3 pour le diagnostic et le traitement des maladies péri-implantaires (mucosite et péri-implantite).

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  • Code de la santé publiqueArt. R.4127-204 — Obligation de compétence

    Le praticien doit disposer de la compétence requise pour diagnostiquer et traiter les pathologies péri-implantaires, ou référer à un spécialiste.

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Obligations concrètes

  1. Dépister systématiquement lors des contrôles implantaires

    À chaque visite de maintenance : sondage péri-implantaire doux (sonde plastique, 0,25 N) sur 4-6 sites par implant. Rechercher : saignement au sondage (BOP), suppuration, augmentation de profondeur de sondage par rapport à la valeur de référence (à la mise en charge). Radiographie rétro-alvéolaire annuelle pour surveiller le niveau osseux crestal.
  2. Distinguer mucosite et péri-implantite

    Mucosite péri-implantaire : inflammation des tissus mous SANS perte osseuse (BOP +, sondage augmenté, pas de perte osseuse radiographique). Péri-implantite : inflammation avec perte osseuse progressive (BOP +, sondage ≥ 6 mm, perte osseuse > 3 mm vs baseline ou > 2 mm si pas de baseline). Classification selon sévérité et progression (Berglundh 2018). La mucosite est le stade réversible — la traiter empêche l'évolution vers la péri-implantite.
  3. Identifier et contrôler les facteurs de risque

    Facteurs modifiables : hygiène insuffisante (le premier), tabac, diabète non équilibré, absence de maintenance régulière. Facteurs locaux : excès de ciment de scellement (le retirer), surcharge occlusale, tissu kératinisé insuffisant. La prise en charge des facteurs de risque conditionne le succès du traitement.
  4. Réaliser le débridement non chirurgical

    Première intention : débridement mécanique de la surface implantaire (curettes en titane, carbone ou PEEK — jamais acier inoxydable sur titane). Irrigation sous-gingivale (chlorhexidine 0,12 %, sérum physiologique). Certains protocoles ajoutent la photothérapie (laser diode basse puissance) ou l'aéropolissage (glycine ou érythritol sous-gingival). Renforcement de l'hygiène : brossettes interdentaires calibrées, hydropulseur.
  5. Réévaluer à 4-6 semaines

    Nouveau sondage et radiographie si nécessaire. Mucosite résolue : maintenance tous les 3-4 mois. Péri-implantite avec poches résiduelles ≥ 5 mm et BOP persistant : chirurgie indiquée. Péri-implantite stabilisée (pas de progression) : surveillance rapprochée et nouvelle réévaluation à 3 mois.
  6. Envisager le traitement chirurgical

    Chirurgie d'accès (lambeau de débridement) : visualisation directe de la surface implantaire, retrait du tissu de granulation, décontamination de surface (curettes, aéropolissage, acide citrique, solution saline, laser Er:YAG selon protocole). Régénération osseuse guidée (membrane + biomatériau) en cas de défaut contenu (cratère). Implantoplastie (lissage des spires exposées) pour les défauts non contenus — élimine les anfractuosités colonisées.
  7. Instaurer une maintenance à vie

    Contrôle tous les 3-4 mois (sondage, BOP, radiographie annuelle). Hygiène renforcée vérifiée à chaque visite. Détartrage / débridement professionnel. Toute récidive inflammatoire doit être traitée immédiatement. L'absence de maintenance est le premier facteur de récidive de la péri-implantite.

Péri-implantite — 8 contrôles diagnostic et traitement

  • Sondage péri-implantaire 4-6 sites documenté (valeur de référence + actuelle)
  • BOP, suppuration, profondeur de sondage consignés au dossier
  • Radiographie comparative (baseline vs actuelle) archivée
  • Classification mucosite vs péri-implantite établie
  • Facteurs de risque identifiés et plan de contrôle établi
  • Débridement non chirurgical réalisé (curettes adaptées, pas d'acier)
  • Réévaluation à 4-6 semaines programmée
  • Maintenance tous les 3-4 mois planifiée
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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre mucosite et péri-implantite ?

La mucosite est une inflammation réversible des tissus mous autour de l'implant (saignement au sondage, rougeur), sans perte osseuse. La péri-implantite ajoute une perte osseuse progressive. La mucosite non traitée évolue vers la péri-implantite dans environ 40 % des cas.

Peut-on utiliser une sonde métallique classique sur un implant ?

Oui, la sonde parodontale classique peut être utilisée pour le sondage (force légère, 0,25 N). En revanche, les curettes de débridement doivent être en titane, carbone ou PEEK — l'acier inoxydable raye la surface en titane de l'implant et favorise la colonisation bactérienne.

Quel est le taux de succès du traitement chirurgical ?

La chirurgie d'accès avec décontamination de surface stabilise la péri-implantite dans 60-80 % des cas à 3-5 ans. La régénération osseuse guidée peut apporter un comblement partiel des défauts intra-osseux. Le succès dépend fortement du contrôle des facteurs de risque (hygiène, tabac) et de l'observance de la maintenance.

Faut-il signaler une péri-implantite à l'ANSM ?

La péri-implantite en elle-même n'est pas un événement de matériovigilance. En revanche, la perte d'un implant (explantation), une fracture d'implant ou une défaillance de composant doit être signalée comme incident de matériovigilance à l'ANSM via le portail de télédéclaration.

Sources et textes de référence

Vérifié manuellement le .

  1. [1]Article L.5212-3 du CSP — Matériovigilance Légifrance
  2. [2]EFP S3 Clinical Practice Guideline — Peri-implant diseases (2023) Other
  3. [3]Article R.4127-204 du CSP — Obligation de compétence Légifrance

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