L'essentiel
L'empreinte numérique par scanner intra-oral remplace progressivement l'empreinte conventionnelle (silicone, alginate) pour la prothèse fixe, l'orthodontie et l'implantologie. La procédure comprend la préparation du patient et du champ, le scan séquentiel (arcade, antagoniste, occlusion), la vérification du modèle 3D, l'export (STL/PLY/DEXIS) et la transmission sécurisée au laboratoire. Avantages : précision, confort patient, gain de temps, archivage numérique.
Cadre réglementaire
- Règlement (UE) 2017/745 — MDRArt. 2(1) — Scanner intra-oral = DM
Le scanner intra-oral est un dispositif médical de classe I ou IIa. Marquage CE obligatoire. Maintenance selon les instructions du fabricant.
Consulter le texte - Règlement (UE) 2016/679 — RGPDArt. 9 — Données de santé
Les fichiers 3D issus du scanner contiennent des données de santé à caractère personnel. Stockage sécurisé, transmission chiffrée et durée de conservation encadrée.
Consulter le texte - Code de la santé publiqueArt. R.5212-25 et s. — Maintenance des DM
Obligation de maintenance préventive et corrective du scanner intra-oral. Registre de maintenance à jour.
Consulter le texte - Convention nationale des chirurgiens-dentistesDevis prothétique normalisé
L'utilisation d'un scanner intra-oral ne modifie pas l'obligation de devis normalisé pour les actes prothétiques.
Consulter le texte
Obligations concrètes
Préparer le patient et le champ opératoire
Retirer les excès de salive, sang ou débris (aspiration, soufflette). Séchage relatif de la zone à scanner. Si saignement gingival (préparation coronaire, chirurgie) : contrôler l'hémostase avant de scanner. Fil de rétraction ou pâte hémostatique si nécessaire pour exposer les limites prothétiques sous-gingivales.Calibrer le scanner et choisir le programme
Vérifier la calibration du scanner (certains exigent un scan de référence quotidien). Sélectionner le mode adapté : prothèse fixe (unitaire, bridge), orthodontie (arcade complète), implantologie (scan body). Vérifier que le logiciel est à jour et que le stockage local ou cloud est accessible.Scanner l'arcade préparée
Stratégie de scan : commencer par la zone de préparation (précision maximale avant fatigue du logiciel). Mouvement fluide et lent, embout à 5-10 mm des surfaces. Balayage occlusal → vestibulaire → lingual/palatin. Éviter les mouvements brusques (perte de repérage, artefacts). Vérifier en temps réel la complétude du modèle 3D (zones lacunaires en couleur).Scanner l'arcade antagoniste et l'occlusion
Scanner l'arcade opposée avec la même méthodologie. Enregistrer l'occlusion : scan buccal en occlusion d'intercuspidie maximale (OIM). Certains scanners permettent un enregistrement dynamique. Alternative : mordu classique en silicone scanné séparément.Vérifier le modèle 3D et corriger si nécessaire
Inspecter le modèle dans le logiciel : limites de préparation nettes, pas de vides, pas d'artefacts (bulles, déformation). Comparer mésial/distal, vestibulaire/lingual. Scanner complémentaire ciblé sur les zones incomplètes (le logiciel fusionne automatiquement). Valider les contacts occlusaux sur le modèle numérique.Exporter et transmettre au laboratoire
Export en format ouvert (STL, PLY) si système ouvert, ou format propriétaire si système fermé (3Shape Communicate, iTero MyAlignTech, CEREC Connect). Transmission sécurisée : portail du laboratoire, plateforme cloud chiffrée. Joindre la prescription : type de restauration, matériau, teinte, photos intra-buccales. Archiver le fichier 3D au dossier patient (conservation minimum 10 ans).Assurer la maintenance du scanner
Désinfection de l'embout (autoclavable ou usage unique selon modèle) après chaque patient. Nettoyage de la fenêtre optique (chiffon microfibre + solution du fabricant). Calibration selon fréquence recommandée. Maintenance préventive annuelle (distributeur). Enregistrer chaque intervention au registre des DM.
Empreinte numérique — 9 contrôles
- Champ opératoire séché et hémostase contrôlée
- Scanner calibré et logiciel à jour
- Arcade préparée scannée sans lacune ni artefact
- Arcade antagoniste et occlusion enregistrées
- Modèle 3D vérifié (limites, contacts, complétude)
- Fichier exporté (STL/PLY ou format propriétaire)
- Transmission sécurisée au laboratoire avec prescription
- Fichier 3D archivé au dossier patient
- Embout désinfecté / stérilisé et maintenance tracée
Questions fréquentes
Scanner intra-oral : système ouvert ou fermé ?
Un système ouvert exporte en STL/PLY vers n'importe quel laboratoire. Un système fermé impose le portail du fabricant (CEREC Connect, iTero). En omnipratique avec plusieurs laboratoires, le système ouvert offre plus de flexibilité. Le choix dépend aussi du flux CAD/CAM au fauteuil si vous usinez sur place.
L'empreinte numérique est-elle plus précise que le silicone ?
Pour les prothèses unitaires et les bridges courts (3-4 éléments), la précision est comparable ou supérieure. Pour les arcades complètes ou les grandes portées (bridge long, implants full-arch), la précision du scan peut dévier en bout de chaîne. Dans ces cas, un contrôle clinique au try-in reste recommandé.
Les fichiers 3D patients sont-ils des données de santé (RGPD) ?
Oui — un fichier 3D dentaire permet d'identifier indirectement un patient et constitue une donnée de santé au sens du RGPD. Stockage sécurisé (chiffrement), durée de conservation limitée au nécessaire, et transmission chiffrée sont obligatoires.
Faut-il un embout par patient ?
Cela dépend du fabricant : certains scanners ont des embouts autoclavables (Trios, Medit), d'autres proposent des gaines à usage unique (iTero). Dans tous les cas, la désinfection ou le remplacement entre chaque patient est obligatoire (contact muqueuse = DM semi-critique).
Sources et textes de référence
Vérifié manuellement le .
- [1]Règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux — Eur-Lex
- [2]Règlement (UE) 2016/679 — RGPD — Eur-Lex
- [3]Articles R.5212-25 et s. du CSP — Maintenance des DM — Légifrance
- [4]Convention nationale chirurgiens-dentistes — Devis prothétique — Ministère de la Santé
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