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Comptabilité BNC d'un cabinet dentaire : les bases essentielles

Recettes-dépenses, déclaration contrôlée, 2035, AGA, micro-BNC : tout comprendre sur la comptabilité d'un chirurgien-dentiste en BNC.

L'essentiel

Le chirurgien-dentiste libéral relève des bénéfices non commerciaux (BNC). En déclaration contrôlée, il tient une comptabilité recettes-dépenses et dépose chaque année le formulaire 2035. Le micro-BNC (abattement forfaitaire de 34 %) n'est possible que sous un seuil de recettes rarement compatible avec un cabinet installé. L'adhésion à une AGA reste recommandée pour éviter la majoration résiduelle du bénéfice.

Cadre réglementaire

  • Code général des impôtsArt. 92 — Catégorie des BNC

    Définit les bénéfices non commerciaux comme les revenus tirés de l'exercice d'une profession libérale, y compris les professions de santé.

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  • Code général des impôtsArt. 93 — Détermination du résultat BNC

    Le bénéfice imposable est l'excédent des recettes encaissées sur les dépenses professionnelles payées au cours de l'année civile.

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  • Code général des impôtsArt. 102 ter — Régime micro-BNC

    Régime forfaitaire avec abattement de 34 % pour les professions dont les recettes annuelles n'excèdent pas le seuil légal. Option simplifiée mais rarement optimale pour un cabinet installé.

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  • Bulletin officiel des finances publiquesBOI-BNC-DECLA-10 — Obligations déclaratives

    Doctrine administrative sur la déclaration 2035 et les obligations comptables des contribuables BNC en déclaration contrôlée.

    Consulter le texte

Obligations concrètes

  1. Tenir un livre-journal des recettes et des dépenses

    En régime de la déclaration contrôlée, le praticien enregistre chronologiquement chaque recette encaissée et chaque dépense payée. L'enregistrement est quotidien, avec l'identité du patient, la nature de l'acte, le montant et le mode de règlement. Les recettes incluent les honoraires, les indemnités journalières et tout complément lié à l'activité.
  2. Tenir un registre des immobilisations et des amortissements

    Chaque bien professionnel d'une valeur supérieure à 500 euros HT est inscrit au registre des immobilisations. Il est amorti sur sa durée d'utilisation prévue (fauteuil 8-10 ans, autoclave 5-7 ans, matériel informatique 3 ans). Le registre sert au calcul des dotations aux amortissements portées sur le formulaire 2035.
  3. Déposer la déclaration 2035 chaque année

    La déclaration 2035 (avec ses annexes A et B) est transmise par voie électronique au service des impôts des entreprises, en général début mai pour les revenus de l'année précédente. Elle récapitule les recettes, les dépenses, les plus-values, les amortissements et détermine le bénéfice net imposable.
  4. Choisir entre micro-BNC et déclaration contrôlée

    Le micro-BNC s'applique de plein droit lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas le seuil de l'article 102 ter du CGI. Il offre un abattement forfaitaire de 34 % mais ne permet pas de déduire les charges réelles. Pour la majorité des cabinets installés, la déclaration contrôlée est plus avantageuse dès que les charges réelles dépassent 34 % des recettes.
  5. Adhérer à une association de gestion agréée (AGA)

    L'adhésion à une AGA permet de bénéficier d'un contrôle de cohérence de la déclaration et d'éviter la majoration résiduelle de 1,10 du bénéfice imposable. Elle ouvre aussi droit à la réduction d'impôt pour frais de comptabilité (dans la limite de 915 euros par an). Coût annuel moyen : 200 à 400 euros, intégralement déductible.
  6. Conserver les pièces justificatives pendant 6 ans

    Factures d'achat, relevés bancaires professionnels, carnets de rendez-vous, bordereaux CPAM, contrats : l'ensemble des pièces justificatives doit être conservé 6 ans à compter de la dernière opération (article L.102 B du Livre des procédures fiscales). Pour les immobilisations, conservez la facture pendant toute la durée d'amortissement plus 6 ans.
  7. Expert-comptable : recommandé mais pas obligatoire

    Aucun texte n'impose le recours à un expert-comptable en BNC. En pratique, la complexité des amortissements, de la 2035 et de l'optimisation fiscale rend son intervention quasi indispensable pour un cabinet installé. Budget annuel : 1 200 à 2 500 euros, intégralement déductible en charges.

Comptabilité BNC — 9 points de contrôle annuels

  • Livre-journal des recettes et dépenses à jour
  • Registre des immobilisations et amortissements tenu
  • Rapprochement bancaire mensuel effectué
  • Cotisations URSSAF / CARCDSF enregistrées
  • Adhésion AGA en cours de validité
  • Déclaration 2035 déposée dans les délais
  • Pièces justificatives classées et conservées 6 ans
  • Plus-values et moins-values calculées (si cession)
  • Liasse fiscale revue par l'expert-comptable
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Questions fréquentes

Le micro-BNC est-il intéressant pour un chirurgien-dentiste installé ?

Rarement. L'abattement forfaitaire de 34 % couvre difficilement les charges réelles d'un cabinet (loyer, matériel, cotisations sociales, consommables). Dès que vos charges dépassent 34 % de vos recettes — ce qui est quasi systématique pour un cabinet installé — la déclaration contrôlée est plus avantageuse. Le micro-BNC reste pertinent pour les remplaçants ou les toutes premières semaines d'activité.

Peut-on tenir soi-même la comptabilité de son cabinet dentaire ?

Juridiquement oui. Le praticien peut tenir seul son livre-journal et remplir sa 2035. En pratique, le risque d'erreur sur les amortissements, le traitement des véhicules mixtes ou les plus-values de cession rend l'accompagnement par un expert-comptable fortement recommandé. Le coût de ce dernier (1 200-2 500 euros/an) est déductible à 100 %.

Qu'est-ce que le compte de résultat en BNC ?

En BNC, il n'existe pas de bilan au sens comptable classique. Le résultat se calcule par différence entre les recettes encaissées et les dépenses payées dans l'année civile (comptabilité de trésorerie). C'est la logique recettes-dépenses, bien plus simple que la comptabilité d'engagement des sociétés commerciales.

Quand faut-il passer d'une AGA à un centre de gestion agréé ?

Jamais, tant que vous exercez en BNC. Les centres de gestion agréés (CGA) sont réservés aux commerçants et artisans (BIC). Les professions libérales adhèrent à une association de gestion agréée (AGA). Si vous passez en SELARL à l'IS, la question ne se pose plus (la société adhère directement à un OGA si nécessaire).

Sources et textes de référence

Vérifié manuellement le .

  1. [1]Article 92 du CGI — Catégorie des BNC Légifrance
  2. [2]Article 93 du CGI — Détermination du résultat BNC Légifrance
  3. [3]Article 102 ter du CGI — Régime micro-BNC Légifrance
  4. [4]BOI-BNC-DECLA-10 — Obligations déclaratives BNC (BOFIP) Other

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