Vérifié le

SCP et SCM en cabinet dentaire : différences et choix pratique

SCP (exercice en commun) ou SCM (partage de frais) : différences juridiques, fiscales et pratiques pour les chirurgiens-dentistes en cabinet de groupe.

L'essentiel

La SCP (société civile professionnelle) permet l'exercice en commun : les associés mettent en commun leur clientèle et partagent les bénéfices. La SCM (société civile de moyens) ne sert qu'au partage des frais : chaque associé conserve sa propre patientèle et facture en son nom. Le choix dépend du niveau d'intégration souhaité, des conséquences fiscales et de la gestion des départs.

Cadre réglementaire

  • Loi n° 66-879 du 29 novembre 1966Relative aux sociétés civiles professionnelles

    Loi fondatrice des SCP. Permet aux membres d'une même profession libérale réglementée d'exercer en commun sous forme de société civile.

    Consulter le texte
  • Code général des impôtsArt. 8 ter — Transparence fiscale des SCM

    Les SCM sont fiscalement transparentes : chaque associé déduit sa quote-part de charges dans sa propre déclaration BNC (2035).

    Consulter le texte
  • Code général des impôtsArt. 8 — Imposition des SCP

    Les SCP relèvent en principe de l'impôt sur le revenu (transparence). Chaque associé est imposé sur sa quote-part de bénéfice. Option IS possible.

    Consulter le texte
  • Code de la santé publiqueArt. R.4113-1 — Exercice en commun

    Les chirurgiens-dentistes peuvent exercer en commun sous forme de SCP, dans le respect des règles déontologiques. Inscription au tableau de l'Ordre obligatoire.

    Consulter le texte

Obligations concrètes

  1. Distinguer clairement SCP et SCM dès la rédaction des statuts

    En SCP, l'objet social est l'exercice en commun de la profession. En SCM, il se limite à la mise en commun de moyens matériels (locaux, secrétariat, matériel). Confondre les deux dans les statuts crée une insécurité juridique et fiscale. Faites rédiger les statuts par un avocat spécialisé.
  2. SCP — Mise en commun de la clientèle et des recettes

    Les honoraires sont encaissés par la SCP, qui distribue ensuite les bénéfices selon la clé de répartition statutaire. Les patients sont ceux du cabinet, pas d'un associé en particulier. En cas de départ, la clientèle reste dans la SCP : l'associé sortant cède ses parts.
  3. SCM — Chaque associé garde sa patientèle propre

    La SCM ne perçoit pas d'honoraires. Chaque dentiste facture ses patients en son nom. La SCM ne fait que répartir les charges communes (loyer, secrétariat, matériel partagé) entre ses membres, au prorata convenu. En cas de départ, le praticien emmène ses patients.
  4. Fiscalité — IR par transparence dans les deux cas (par défaut)

    SCP : chaque associé est imposé sur sa quote-part de bénéfice (BNC art. 8 CGI). SCM : chaque associé déduit sa quote-part de charges de la SCM dans sa déclaration 2035. La SCP peut opter pour l'IS, mais cette option est irrévocable et modifie profondément le régime social.
  5. Inscrire la SCP au tableau de l'Ordre

    La SCP est inscrite au tableau de l'Ordre en tant que telle (art. R.4113-1 CSP). La SCM, qui n'exerce pas la profession, n'a pas besoin de cette inscription. Cependant, chaque associé de la SCM doit individuellement être inscrit.
  6. Prévoir les clauses de sortie et de dissolution

    En SCP, la sortie d'un associé implique une cession ou un rachat de parts, avec évaluation de la clientèle commune. En SCM, la sortie est plus simple puisque le praticien conserve sa patientèle. Dans les deux cas, une clause de non-concurrence géographique est fréquente et doit être proportionnée.
  7. Anticiper les conflits entre associés

    Prévoir dans les statuts ou un règlement intérieur : clé de répartition des charges (SCM) ou des bénéfices (SCP), règles de décision à la majorité, conditions de retrait, clause de médiation préalable, clause de rachat forcé. Un pacte d'associés complète utilement les statuts.

Sanctions en cas de manquement

  • Requalification fiscale de la SCM en SCPrappel d'impôt + intérêts de retard (10 % minimum)

    Base légale : Art. 8 ter CGI — Si la SCM encaisse des honoraires de patients

  • Responsabilité solidaire illimitée des associés SCPdettes professionnelles de la SCP, sur le patrimoine personnel

    Base légale : Loi 66-879, art. 15

SCP ou SCM — 8 questions pour choisir

  • Souhaitez-vous partager la clientèle (SCP) ou seulement les frais (SCM) ?
  • Comment répartir les bénéfices ou les charges entre associés ?
  • Clause de non-concurrence en cas de départ : périmètre géographique ?
  • Mode de valorisation des parts (SCP) en cas de cession ?
  • Règles de décision : unanimité ou majorité qualifiée ?
  • Clause de médiation avant action judiciaire ?
  • Comptabilité commune (SCP) ou individuelle (SCM) ?
  • Option IS envisagée (SCP uniquement) ?
Découvrir Dentanorme

Questions fréquentes

Peut-on associer un orthodontiste et un omnipraticien dans une SCP ?

Oui, à condition que les deux soient chirurgiens-dentistes inscrits au tableau de l'Ordre. La SCP est ouverte aux praticiens d'une même profession réglementée. La spécialisation (orthodontie, chirurgie orale) n'empêche pas l'association, mais la clé de répartition doit en tenir compte si les chiffres d'affaires sont très différents.

La SCM est-elle soumise à la TVA ?

En principe, les services rendus par la SCM à ses membres sont exonérés de TVA (article 261 B du CGI) lorsque la SCM est composée exclusivement de personnes exonérées de TVA (comme les chirurgiens-dentistes). Si un membre est assujetti à la TVA, l'exonération peut être remise en cause.

Que se passe-t-il si un associé SCP décède ?

Les statuts prévoient généralement le rachat des parts du défunt par les associés survivants. À défaut, les héritiers peuvent devenir associés s'ils remplissent les conditions professionnelles (inscription à l'Ordre). Sinon, les parts sont rachetées selon la valorisation prévue aux statuts ou déterminée par un expert.

Peut-on transformer une SCM en SCP ?

Oui, mais l'opération n'est pas une simple modification statutaire. Il faut créer une SCP, y apporter les éléments de clientèle de chaque associé, et dissoudre la SCM. Chaque apport de clientèle est un événement fiscal. L'accompagnement d'un avocat fiscaliste est indispensable.

Sources et textes de référence

Vérifié manuellement le .

  1. [1]Loi n° 66-879 du 29 novembre 1966 — Sociétés civiles professionnelles Légifrance
  2. [2]Article 8 ter du CGI — Transparence fiscale des SCM Légifrance
  3. [3]Article 8 du CGI — Imposition des sociétés de personnes Légifrance
  4. [4]Contrats d'exercice — Ordre national des chirurgiens-dentistes Ordre

Pilotez la conformité de votre cabinet dentaire

Dentanorme regroupe inventaire, DPC et préparation des audits ARS dans un seul outil pour les cabinets dentaires libéraux français.

Découvrir Dentanorme

Cookies fonctionnels et d'analyse uniquement. Aucun cookie publicitaire.