L'essentiel
L'affichage des tarifs en salle d'attente et dans le lieu d'encaissement est une obligation ancienne (art. L.1111-3 CSP, art. R.4127-216 CSP), renforcée par l'arrêté du 30 mai 2018. Le chirurgien-dentiste doit afficher au minimum le tarif de la consultation, des 5 actes de soins conservateurs/chirurgicaux et des 5 actes prothétiques les plus fréquemment pratiqués, avec indication de la base de remboursement. Le non-respect expose à des sanctions de la DGCCRF, de la CPAM et de l'Ordre.
Cadre réglementaire
- Code de la santé publiqueArt. L.1111-3 — Droit à l'information sur les coûts
Tout patient a le droit d'être informé sur les tarifs des prestations et les conditions de prise en charge avant l'exécution des actes. L'information tarifaire doit être visible dans la salle d'attente.
Consulter le texte - Code de la santé publiqueArt. R.4127-216 — Affichage des honoraires
Le chirurgien-dentiste affiche de manière visible et lisible les honoraires des 5 prestations de soins conservateurs ou chirurgicaux et des 5 traitements prothétiques ou orthodontiques les plus pratiqués, ainsi que le tarif de la consultation.
Consulter le texte - Arrêté du 30 mai 2018Information des usagers sur les tarifs des professionnels de santé
Précise les modalités d'affichage tarifaire dans les cabinets de professionnels de santé : lieu (salle d'attente + encaissement), format (lisible, compréhensible), contenu minimal (actes, base de remboursement, reste à charge type).
Consulter le texte - Code de la consommationArt. L.112-1 — Information du consommateur sur les prix
Obligation générale d'information sur les prix des prestations de service, applicable aux professions libérales de santé. Base juridique des contrôles DGCCRF.
Consulter le texte
Obligations concrètes
Afficher le tarif de la consultation et des actes les plus fréquents
L'affichage doit mentionner au minimum : le prix de la consultation, les 5 actes de soins conservateurs ou chirurgicaux les plus pratiqués dans le cabinet (détartrage, composite, extraction simple, etc.), et les 5 actes prothétiques ou orthodontiques les plus pratiqués (couronne céramo-métallique, inlay-core, etc.). Pour chaque acte : le tarif pratiqué, la base de remboursement de la Sécurité sociale, et le reste à charge moyen.Indiquer le statut conventionnel du cabinet
Praticien conventionné : « Tarifs ne pouvant être dépassés sauf exigence exceptionnelle du patient ou non-respect du parcours de soins coordonnés ». Praticien hors convention : « Honoraires librement fixés, déterminés avec tact et mesure (art. R.4127-218 CSP) ». Le patient doit comprendre immédiatement si les tarifs affichés sont des tarifs conventionnels ou des honoraires libres.Respecter les règles de format et de lisibilité
L'affichage doit être lisible depuis l'endroit où les patients attendent ou paient. Police de caractères de taille suffisante (pas de micro-texte). Tableau clair avec colonnes (acte, tarif, base de remboursement). Pas de termes techniques incompréhensibles pour un non-professionnel — utilisez des dénominations courantes. L'arrêté du 30 mai 2018 insiste sur la compréhensibilité.Placer l'affichage au bon endroit
Deux emplacements obligatoires : en salle d'attente (visible sans avoir à le demander) et dans le lieu d'encaissement (comptoir, secrétariat). Si le cabinet dispose d'un site internet, les tarifs n'y sont pas obligatoires mais fortement recommandés pour la transparence. L'affichage en salle de soins n'est pas exigé.Mettre à jour l'affichage lors de chaque modification tarifaire
Tout changement de tarif (revalorisation conventionnelle, modification des honoraires libres) doit être répercuté sur l'affichage. Un affichage obsolète est assimilé à un défaut d'information. Vérifiez la cohérence entre l'affichage, les devis remis aux patients et les tarifs réellement facturés.Compléter l'affichage avec la mention 100 % Santé
Depuis la réforme 100 % Santé (RAC 0), les prothèses du panier 100 % Santé doivent être identifiables dans l'affichage. Mentionnez la possibilité d'un reste à charge zéro pour certaines couronnes et bridges (panier 100 % Santé) et orientez le patient vers le devis détaillé pour les paniers à tarifs maîtrisés ou libres.
Sanctions en cas de manquement
- Amende DGCCRF — défaut d'affichage des prix— jusqu'à 3 000 € (personne physique) / 15 000 € (personne morale)
Base légale : Art. L.131-5 Code de la consommation
- Sanction conventionnelle CPAM— avertissement, suspension du conventionnement (cas grave)
Base légale : Convention nationale des chirurgiens-dentistes
- Sanction ordinale— avertissement à blâme
Base légale : Art. R.4127-216 et R.4127-218 CSP
- Amende — pratiques commerciales trompeuses— jusqu'à 300 000 € et 2 ans d'emprisonnement
Base légale : Art. L.132-2 Code de la consommation (cas extrême : tarifs trompeurs)
Affichage tarifaire — 8 vérifications
- Tarif de la consultation affiché
- 5 soins conservateurs/chirurgicaux les plus fréquents affichés
- 5 actes prothétiques/orthodontiques les plus fréquents affichés
- Base de remboursement Sécurité sociale mentionnée pour chaque acte
- Mention du conventionnement (secteur 1 ou hors convention)
- Mention 100 % Santé pour les prothèses éligibles
- Affichage en salle d'attente ET au lieu d'encaissement
- Tarifs à jour (cohérence avec devis et facturation)
Questions fréquentes
Faut-il afficher tous les actes du cabinet ou seulement les plus fréquents ?
L'obligation se limite aux 5 soins conservateurs/chirurgicaux + 5 prothèses/orthodonties les plus pratiqués dans votre cabinet, ainsi que la consultation. Vous pouvez afficher davantage d'actes à titre volontaire, mais ce n'est pas exigé. L'important est que les actes affichés correspondent réellement à votre activité la plus courante.
Un contrôle DGCCRF peut-il avoir lieu au cabinet dentaire ?
Oui. La DGCCRF peut contrôler tout professionnel de santé libéral, souvent sur signalement d'un patient ou lors de campagnes sectorielles. L'agent vérifie la présence de l'affichage, sa conformité, la cohérence avec les tarifs facturés, et la remise effective des devis. La première infraction fait en général l'objet d'un avertissement, mais la récidive entraîne une amende administrative.
Les fourchettes de prix sont-elles autorisées sur l'affichage ?
Oui, à condition de mentionner les critères de variation (matériau, complexité de l'acte, durée). Par exemple : « Couronne céramo-métallique : 450 à 700 € selon matériau ». L'Ordre tolère cette pratique. En revanche, le devis remis au patient avant l'acte doit indiquer le montant exact retenu.
L'affichage tarifaire sur le site internet du cabinet est-il obligatoire ?
Non, les textes n'imposent l'affichage tarifaire que dans les locaux (salle d'attente et encaissement). Toutefois, l'arrêté du 30 mai 2018 encourage la diffusion en ligne. Si vous choisissez d'afficher des tarifs sur votre site, ils doivent être exacts, à jour, et cohérents avec l'affichage physique.
Sources et textes de référence
Vérifié manuellement le .
- [1]Article L.1111-3 du CSP — Information sur les coûts — Légifrance
- [2]Article R.4127-216 du CSP — Affichage des honoraires — Légifrance
- [3]Arrêté du 30 mai 2018 — Information des usagers sur les tarifs — Légifrance
- [4]Article L.112-1 du Code de la consommation — Prix des prestations — Légifrance
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