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Exercice illégal de la chirurgie dentaire : sanctions pénales et ordinales

Exercer sans inscription à l'Ordre, usurper le titre de dentiste, employer du personnel non qualifié : peines de prison, amendes et sanctions ordinales encourues.

L'essentiel

L'exercice illégal de l'art dentaire est un délit pénal puni de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (art. L.4161-5 CSP). Sont visés : la pratique sans diplôme ou sans inscription au tableau de l'Ordre, l'usurpation du titre de chirurgien-dentiste et le fait de faire exercer des actes dentaires par du personnel non qualifié. Le praticien titulaire engage aussi sa responsabilité s'il emploie sciemment une personne non habilitée.

Cadre réglementaire

  • Code de la santé publiqueArt. L.4161-1 à L.4161-6 — Exercice illégal de l'art dentaire

    Définit l'exercice illégal de l'art dentaire et prévoit les peines applicables : 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. L'usurpation de titre est sanctionnée par les mêmes peines.

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  • Code de la santé publiqueArt. L.4111-1 — Conditions d'exercice de l'art dentaire

    Nul ne peut exercer l'art dentaire s'il n'est pas titulaire du diplôme requis et inscrit au tableau de l'Ordre des chirurgiens-dentistes.

    Consulter le texte
  • Code pénalArt. 433-17 — Usurpation de titre

    Punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende quiconque fait publiquement usage d'un titre réservé ou en abuse pour se faire passer pour professionnel de santé.

    Consulter le texte
  • Code de la santé publiqueArt. R.4127-204 — Code de déontologie dentaire (exercice personnel)

    Obligation déontologique pour le praticien d'exercer personnellement et de ne pas confier à des tiers non habilités des actes relevant de l'art dentaire.

    Consulter le texte

Obligations concrètes

  1. Vérifier votre propre inscription au tableau de l'Ordre

    L'inscription au tableau du conseil départemental de l'Ordre est un préalable absolu à tout exercice. Elle doit être maintenue à jour (changement d'adresse, modification de mode d'exercice). Exercer après une radiation ou pendant une suspension constitue un exercice illégal.
  2. Contrôler les qualifications de vos collaborateurs

    Un collaborateur ou un remplaçant doit être inscrit à l'Ordre et disposer d'un contrat conforme (collaboration libérale ou remplacement). Vérifiez l'inscription avant toute prise de fonction : un praticien diplômé hors UE qui n'a pas obtenu l'autorisation d'exercice ne peut pas pratiquer, même sous supervision.
  3. Encadrer strictement les actes du personnel auxiliaire

    L'assistante dentaire ne peut réaliser que les actes autorisés par le décret de compétences (art. R.4393-8 et suivants CSP). Lui confier des actes de soins (détartrage, scellement, prise d'empreinte à finalité diagnostique) expose le praticien titulaire à des poursuites pour complicité d'exercice illégal.
  4. Ne jamais tolérer l'exercice sous un faux numéro RPPS

    L'utilisation du numéro RPPS d'un tiers pour télétransmettre des actes réalisés par une personne non habilitée constitue une fraude caractérisée. Au-delà du pénal (exercice illégal + escroquerie), l'Assurance Maladie peut réclamer le remboursement intégral des sommes indûment versées.
  5. Signaler les cas d'exercice illégal à l'Ordre

    L'article R.4127-231 du CSP impose au praticien de veiller à ce que son entourage professionnel ne donne pas lieu à des pratiques illicites. Si vous constatez un exercice illégal (dans un local commercial, sur internet), signalez-le au conseil départemental de l'Ordre.

Sanctions en cas de manquement

  • Exercice illégal de l'art dentaire2 ans d'emprisonnement + 30 000 € d'amende

    Base légale : Art. L.4161-5 CSP

  • Usurpation du titre de chirurgien-dentiste1 an d'emprisonnement + 15 000 € d'amende

    Base légale : Art. 433-17 CP

  • Complicité d'exercice illégal (praticien employeur)mêmes peines que l'auteur principal

    Base légale : Art. 121-6 et 121-7 CP + art. L.4161-5 CSP

  • Interdiction d'exercer (peine complémentaire)temporaire ou définitive

    Base légale : Art. L.4161-5 CSP, al. 2

  • Radiation du tableau de l'Ordreinterdiction totale d'exercice

    Base légale : Art. L.4124-6 CSP

  • Remboursement des sommes à l'Assurance Maladieintégralité des actes facturés en fraude

    Base légale : Art. L.133-4 CSS

Prévenir le risque d'exercice illégal — 7 vérifications

  • Inscription personnelle au tableau de l'Ordre vérifiée et à jour
  • Numéro RPPS actif vérifié sur l'annuaire santé
  • Collaborateurs et remplaçants : inscription Ordre vérifiée avant prise de fonction
  • Contrats de collaboration ou de remplacement conformes au code de déontologie
  • Actes de l'assistante dentaire limités au décret de compétences
  • Aucune télétransmission sous le RPPS d'un tiers
  • Procédure de signalement à l'Ordre en cas de constat d'exercice illégal
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Questions fréquentes

Un dentiste diplômé mais non inscrit à l'Ordre peut-il exercer provisoirement ?

Non. L'inscription au tableau de l'Ordre est un préalable impératif (art. L.4111-1 CSP). Exercer ne serait-ce qu'une journée sans inscription constitue un exercice illégal, même avec un diplôme valide. La seule exception concerne les étudiants en stage clinique, dans le cadre prévu par leur cursus.

Le détartrage peut-il être délégué à l'assistante dentaire ?

Non. Le détartrage est un acte de soins relevant de la compétence exclusive du chirurgien-dentiste (ou de l'hygiéniste dentaire dans les pays qui reconnaissent cette profession — ce n'est pas encore le cas en France). Le confier à l'assistante constitue un exercice illégal par personne interposée.

Que risque le patient traité par une personne non qualifiée ?

Le patient peut porter plainte au pénal et demander des dommages et intérêts au civil. Si un dommage résulte de l'intervention, le praticien titulaire qui a permis l'exercice illégal est solidairement responsable. L'Assurance Maladie peut refuser le remboursement et demander le reversement des prestations versées.

L'Ordre peut-il agir en justice contre l'exercice illégal ?

Oui. L'article L.4162-1 CSP autorise les ordres professionnels à se constituer partie civile dans les procédures pénales pour exercice illégal. Le conseil national de l'Ordre des chirurgiens-dentistes exerce régulièrement cette prérogative, notamment contre les réseaux de soins clandestins.

Sources et textes de référence

Vérifié manuellement le .

  1. [1]Articles L.4161-1 à L.4161-6 du CSP — Exercice illégal de l'art dentaire Légifrance
  2. [2]Article L.4111-1 du CSP — Conditions d'exercice Légifrance
  3. [3]Article 433-17 du code pénal — Usurpation de titre Légifrance
  4. [4]Article R.4127-204 du CSP — Code de déontologie dentaire Légifrance

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